Copilot, entre promesse et réalité de bureau
En février 2024, Copilot n’est plus une promesse: il est là, déployable pour vrai dans nos outils Microsoft. L’an dernier, je parlais de ses très grandes ambitions pis de la gouvernance à régler avant de l’ouvrir. Aujourd’hui, comme Directeur TI, je suis rendu à la question qui dérange: maintenant qu’on l’a essayé pour de bon, est-ce qu’il tient ses promesses? L’heure du verdict de terrain a sonné, pis ma réponse est nuancée: oui pis non.
Oui, parce que sur certaines tâches, Copilot fait exactement ce qu’il promettait. Résumer un long fil Teams qu’on a manqué, dégrossir un courriel, retrouver dans quel document se cachait une information: là-dessus, le gain de temps est réel pis appréciable. Non, parce que sur d’autres, il déçoit. Il invente parfois, il rate le contexte, il sort une analyse Excel qui a l’air bonne mais qu’il faut tout revérifier. Entre la démo qui éblouissait pis le quotidien, il y a encore cet écart que je connais trop bien.
L’ambition à l’épreuve du réel
flowchart TD
A[Copilot deploye pour vrai] --> B{Le verdict de terrain}
B --> C[Ce qui tient ses promesses]
B --> D[Ce qui decoit]
C --> E[Resumer un fil Teams manque]
C --> F[Degrossir un courriel]
C --> G[Retrouver une info dans nos docs]
D --> H[Invente, rate le contexte parfois]
D --> I[Analyses a tout reverifier]
E --> J{La vraie question du directeur}
F --> J
G --> J
H --> J
I --> J
J --> K[Le gain justifie-t-il le cout par usager?]
La question qui revient sur ma table, c’est celle du coût. Copilot, ce n’est pas gratuit: c’est un montant par usager, par mois, qui s’additionne vite sur toute une organisation. Mon travail de directeur, c’est de mesurer froidement si le temps gagné par mon monde justifie la facture. Pas de me laisser emporter par l’enthousiasme ambiant, pas de bouder non plus par réflexe de prudence. Mesurer, comparer, décider.
Cibler plutôt que tout ouvrir
Ce que mon expérience me souffle, c’est qu’il ne faut pas déployer Copilot à tout le monde d’un coup en espérant un miracle. Mieux vaut cibler: donner l’outil à ceux dont le travail croule sous les courriels, les réunions pis les documents, là où le gain sera le plus net. Pour les autres, attendre que l’outil mûrisse pis que les prix bougent.
Au fond, ce que je retiens de cette première vraie année de Copilot, c’est qu’une grande ambition se juge à l’usage, pas à l’annonce. L’outil est prometteur, parfois bluffant, parfois décevant. Mon rôle n’est pas de croire à la magie ni de la rejeter, mais de trouver, cas par cas, où il fait gagner mon monde — pis où il coûte plus qu’il ne rapporte.
Ce que je retiens
En février 2024, Copilot passe de la promesse au produit qu’on peut enfin juger. Le verdict de terrain est nuancé: il tient ses promesses sur le résumé, le brouillon, la recherche dans nos documents, mais il déçoit ailleurs — il invente, rate le contexte, sort des analyses à tout revérifier.
Ce que je retiens, comme directeur, c’est que la grande question n’est pas technique mais économique: le temps gagné justifie-t-il le coût par usager, mois après mois? Ma réponse, c’est de cibler plutôt que d’ouvrir à tout le monde — donner l’outil à ceux qui croulent sous les courriels pis les réunions, attendre la maturité pour les autres. Une grande ambition se juge à l’usage, pas à l’annonce. Mon métier, c’est de trouver froidement où Copilot fait gagner mon monde, pis où il coûte plus qu’il ne rapporte.