ChatGPT force chacun à prendre position
En janvier 2023, à peine quelques semaines après l’ouverture de ChatGPT au grand public, je vis quelque chose que j’avais rarement vu dans ma carrière: une technologie qui force absolument tout le monde à se positionner. Comme Directeur TI chez HLC, je ne peux plus dire « on verra plus tard ». La direction me pose des questions. Les employés s’en servent déjà, souvent en cachette. Pis moi, je dois trancher: on encadre, on interdit, on encourage? Ne rien décider, c’est déjà décider — pis mal.
Ce qui rend la chose différente des autres vagues techno, c’est la vitesse pis l’accessibilité. Pas besoin d’être ingénieur. N’importe qui ouvre un fureteur, tape une question, pis reçoit une réponse étonnamment articulée. L’outil est déjà dans les mains de mon monde, que je le veuille ou non. La vraie question n’est plus « est-ce qu’on l’adopte », mais « comment on s’organise avec une affaire qui est déjà là ».
Tout le monde doit choisir sa position
flowchart TD
A[ChatGPT ouvert a tous, fin 2022] --> B[La direction: opportunite ou menace?]
A --> C[Les employes: l'utilisent deja, en cachette]
A --> D[Moi, Directeur TI: trancher]
B --> E{Quelle position?}
C --> E
D --> E
E --> F[Interdire: ils l'utiliseront pareil = shadow AI]
E --> G[Ignorer: risques non geres]
E --> H[Encadrer: usages permis + garde-fous]
F --> I[Mauvais choix: aveugle]
G --> I
H --> J[Bon choix: lucide et utile]
Mon premier réflexe de directeur, c’est le risque. Un employé qui colle un document confidentiel dans un chatbot public pour « le résumer », c’est nos données qui partent on ne sait où. Une réponse inventée mais confiante qu’on prend pour vraie, c’est une décision faussée. Les dangers sont réels. Mais ma leçon des dernières années est claire: interdire ne marche pas. Le monde va l’utiliser pareil, juste en cachette, sans garde-fous. C’est le piège du shadow AI.
Encadrer plutôt qu’interdire
Alors je choisis l’encadrement. Dire clairement ce qu’on peut faire pis ne pas faire. Jamais de données confidentielles ou de clients dans un outil public. Toujours valider une réponse avant de s’y fier. L’IA propose, l’humain dispose. En nommant les usages permis pis les interdits, je transforme une pratique cachée pis risquée en pratique encadrée pis utile.
Ce qui me frappe le plus, c’est que ma position de directeur reflète une position que tout le monde doit prendre, à son échelle. Le développeur, la commis aux commandes, le gestionnaire: chacun doit décider comment l’IA entre dans son travail. ChatGPT n’a pas juste lancé un produit. Il a forcé une conversation que personne ne pourra plus éviter.
Ce que je retiens
En janvier 2023, ChatGPT force tout le monde à se positionner, pis comme Directeur TI, je suis en première ligne de cette obligation. Ne rien décider serait déjà une décision — la pire. L’outil est déjà dans les mains de mes équipes, accessible à tous, sans qu’on ait rien demandé.
Ce que je retiens, c’est que l’interdiction ne marche pas: elle pousse l’usage dans l’ombre, sans garde-fous, là où le risque est le pire. Mon choix, c’est l’encadrement lucide — nommer les usages permis pis interdits, protéger nos données confidentielles, garder l’humain qui valide. Pis surtout, je réalise que ma décision n’est qu’un cas d’une conversation que la technologie vient d’imposer à tout le monde. ChatGPT n’a pas seulement lancé un produit; il a obligé chacun de nous à choisir sa place face à l’IA. Pis quelque chose me dit que ce n’est que le début.