L’automatisation veut passer de l’idée à l’action

En septembre 2017, l’automatisation veut passer de l’idée à l’action, pis je la vois arriver fort dans le monde de mes dealers. RPA, scripts, intégrations qui font le travail répétitif à notre place — la promesse est séduisante: moins de saisie manuelle, moins de copier-coller d’un système à l’autre, plus de temps pour ce qui compte. Comme architecte, je trouve le potentiel réel. Mais j’ai une règle que je ne lâche jamais.

Cette règle, je l’ai déjà écrite à propos de la transformation numérique pis elle vaut encore plus ici: automatiser un mauvais processus, ça ne le corrige pas. Ça le fait juste aller plus vite. Un bordel automatisé, c’est un bordel plus efficace — pis souvent plus difficile à débrouiller après.

Comprendre avant d’automatiser

Mon premier réflexe devant une demande d’automatisation, ce n’est pas « comment je code ça ». C’est « est-ce que ce processus mérite d’être automatisé tel quel? ». Souvent, la réponse honnête, c’est non — il faut d’abord le nettoyer.

flowchart TD
    A[Demande: automatiser ce processus] --> B{Le processus<br/>est-il sain?}
    B -->|Oui, clair et stable| C[Automatiser: vrai gain]
    B -->|Non, brise ou flou| D[Nettoyer D'ABORD]
    D --> E[Simplifier, clarifier les regles]
    E --> C
    B -->|Automatiser quand meme| F[Bordel plus rapide]
    F --> G[Plus dur a debrouiller]

Pour mes dealers, ça veut dire prendre le temps de regarder le processus avant de l’automatiser. Quelles sont les étapes inutiles? Où sont les exceptions qui vont faire planter le robot? Qui répond quand ça accroche? Un processus qu’on comprend bien pis qu’on a nettoyé donne une automatisation solide. Un processus flou donne un robot fragile qui casse à la première exception.

Le robot ne gère pas l’imprévu

L’autre chose que je martèle: l’automatisation excelle sur le cas normal pis panique sur l’exception. Un humain qui voit un cas bizarre s’ajuste, demande, improvise. Un robot fait exactement ce qu’on lui a dit, même quand c’est absurde.

Le vrai danger, c’est le robot qui se trompe en silence. Il roule, il traite, personne ne regarde — pis on découvre trois semaines plus tard qu’il a fait la même erreur mille fois. Pour ça, j’insiste toujours sur deux choses: une trace de ce que le robot a fait, pis un humain qui garde la main sur les exceptions. L’automatisation sans surveillance, c’est une belle idée qui devient un risque silencieux.

Ce que je retiens

En septembre 2017, l’automatisation veut passer de l’idée à l’action, pis je suis pour — à condition de respecter l’ordre des choses. Comprendre pis nettoyer le processus d’abord, automatiser ensuite. L’inverse donne un bordel plus rapide, pas une amélioration.

Pour mes dealers, l’automatisation réussie, c’est celle qui s’applique à un processus sain, qui prévoit le sort des exceptions, pis qui garde un humain responsable dans la boucle. Le robot est un excellent exécutant pis un piètre juge. Mon rôle d’architecte, c’est de lui donner un travail propre à faire pis un filet pour quand le quotidien sort du scénario. C’est moins spectaculaire qu’une démo, mais c’est ce qui tient la route.