Power BI rapproche enfin les chiffres
En avril 2014, Microsoft pousse fort sur un nom que j’entends de plus en plus: Power BI. L’idée de l’informatique décisionnelle en libre-service — le « business intelligence » accessible à monsieur pis madame tout-le-monde dans l’entreprise, sans passer par une armée de spécialistes. Comme architecte, je regarde ça avec intérêt, mais à distance: c’est pas mon terrain quotidien en 2014. N’empêche, le sujet me fascine, parce qu’il touche un vieux problème que tout le monde connaît.
Le problème, c’est que les chiffres sont éparpillés pis qu’ils se contredisent. Deux personnes arrivent en réunion avec « le » chiffre des ventes, pis les deux nombres sont différents. La rencontre dérape: au lieu de décider, on passe une heure à argumenter sur quelle version est la bonne.
La belle promesse du libre-service
Power BI, pis les outils de sa génération, promettent de régler ça en mettant les données à portée de main, avec de beaux tableaux que n’importe qui peut bâtir.
flowchart LR
A[Données dispersées] --> B[Outil libre-service]
B --> C[Beau tableau de bord]
C --> D{Mais...}
D --> E[D'où vient le chiffre?]
D --> F[Calculé comment?]
D --> G[À jour de quand?]
La promesse est séduisante: plus besoin d’attendre trois semaines qu’un rapport soit programmé. Tu glisses, tu déposes, t’as ton graphique. Mais c’est là que ma prudence d’observateur s’allume. Un bel outil rend la fabrication de tableaux facile. Il rend pas la donnée juste pour autant.
Le vrai enjeu est en dessous
Ce que je devine, c’est que le succès de ces outils dépend pas de leur beauté, mais de ce qui se cache dessous: la confiance pis la gouvernance.
C’est mon inquiétude principale, vu de loin. Donner à tout le monde le pouvoir de créer des rapports, c’est aussi donner à tout le monde le pouvoir de créer des rapports faux, vite, pis avec de belles couleurs qui inspirent confiance. Un graphique soigné peut maquiller une donnée mal comprise pendant des mois.
Pourquoi je veille sans plonger
Je suis honnête: en 2014, je suis dans le web pis les portails, pas dans le décisionnel. Mais je garde un œil là-dessus parce que je sens que ça va devenir énorme. Le besoin de comprendre ses chiffres, de prendre des décisions appuyées sur des données fiables, ça touche toutes les organisations.
Pis la leçon que j’anticipe, c’est que l’outil sera jamais le vrai sujet. Le vrai sujet, c’est la discipline: définir clairement chaque indicateur, savoir qui en répond, garantir sa fraîcheur. Power BI peut rapprocher les chiffres, mais seulement si quelqu’un a fait le ménage avant.
Ce que je retiens
En avril 2014, je note l’arrivée du décisionnel en libre-service comme une tendance à surveiller de près. La promesse de rapprocher enfin les chiffres est belle, pis le besoin est réel. Mais je reste convaincu que le succès se jouera pas dans la facilité de l’outil — il se jouera dans la confiance qu’on peut accorder aux données en dessous.
Je garde ça dans ma liste de sujets qui montent. Parce qu’un jour, je le sens, comprendre pis gouverner la donnée va passer du « nice to have » au cœur du métier. Pis ce jour-là, les beaux tableaux vaudront exactement ce que vaut la donnée qu’ils affichent.