La donnee devient strategique, mais personne ne sait qui la possede
En janvier 2014, je commence l’année avec une question qui revient de plus en plus souvent dans mes projets de portails: à qui appartient la donnée? On entend partout que « la donnée, c’est de l’or », qu’elle devient stratégique. Pis je suis d’accord. Mais à force de travailler sur des plateformes qui brassent de l’information, je remarque un trou béant: tout le monde veut exploiter la donnée, mais presque personne sait clairement qui la possède pis qui en répond.
C’est un sujet que j’observe plus que je le maîtrise — la gouvernance de données, c’est encore un monde en construction en 2014. Mais je sens que c’est en train de devenir le vrai maillon faible de bien des belles initiatives numériques.
La donnée orpheline
Le problème est simple à décrire, pis compliqué à régler. Une donnée existe, elle circule, elle est utile. Mais quand vient le temps de demander « qui décide de sa qualité, de qui peut la voir, de quand on la jette? », là, c’est le silence.
flowchart TD
A[Une donnée] --> B{Qui la possède?}
B --> C[L'équipe qui l'a créée?]
B --> D[L'équipe qui l'utilise?]
B --> E[La TI qui l'héberge?]
C --> F[Personne ne tranche]
D --> F
E --> F
F --> G[Qualité floue<br/>responsabilité floue]
Quand personne possède vraiment une donnée, il se passe une affaire prévisible: personne s’en occupe vraiment non plus. La qualité dérive, les définitions divergent, pis le jour où ça plante, tout le monde se regarde en se demandant « c’était à qui, ça? »
Posséder, c’est pas héberger
La confusion vient souvent d’un mélange. Héberger une donnée sur un serveur, c’est pas la posséder au sens des responsabilités. Le vrai propriétaire, c’est celui qui répond des questions qui comptent.
Cette distinction-là, ça paraît évident écrit comme ça, mais sur le terrain, c’est rarement clair. Pis tant que ce n’est pas clair, les projets « pilotés par la donnée » roulent sur du sable.
Pourquoi je note ça en 2014
Comme architecte qui travaille sur des plateformes pour le secteur public, je vois la donnée prendre de plus en plus de valeur. Mais je vois aussi qu’on parle beaucoup de l’exploiter, pis presque pas de la gouverner. C’est un décalage qui m’intrigue. On veut récolter les fruits sans planter le verger.
Je suis convaincu que cette question — qui possède la donnée — va devenir centrale dans les années qui viennent. Pas comme un détail technique, mais comme un enjeu d’organisation. Parce qu’une donnée sans propriétaire, c’est comme une maison sans concierge: ça a l’air correct un temps, jusqu’à ce que les choses commencent à se briser.
Ce que je retiens
En janvier 2014, je note que la donnée devient stratégique bien plus vite que notre capacité à dire qui en répond. C’est le genre de fondation invisible qu’on néglige parce qu’elle est pas excitante. Mais sans elle, les grandes promesses de la donnée restent fragiles.
Je vais continuer à surveiller ça de près. Parce que je sens qu’un jour, pas si loin, savoir qui possède quoi va devenir aussi important que de savoir où c’est stocké. Pis ce jour-là, ceux qui auront fait le ménage d’avance vont être ben en avance sur les autres.