La donnée et les processus prennent toute la place

Il y a une mode qui monte en avril 2013, pis je la regarde avec un mélange de curiosité pis de scepticisme sain: la donnée pis les processus prennent toute la place dans les discussions d’entreprise. Les plateformes promettent de tout connecter, tout mesurer, tout optimiser. Les présentations sont belles. Les promesses, généreuses. Pis comme observateur, mon réflexe c’est de demander: oui, mais ça livre vraiment quoi?

Je dis « observateur » parce que c’est honnête. La donnée à grande échelle, l’analytique, c’est pas mon terrain quotidien. Je travaille sur des plateformes, de l’architecture web, de l’identité. Mais je vois la vague monter, pis je note. Parce que ce genre de courant finit toujours par arriver dans le monde concret, pis je veux pas être pris au dépourvu.

La promesse vs la plomberie

Ce qui me frappe, c’est l’écart entre le discours pis la réalité. On vend la donnée comme une baguette magique. Mais quiconque a déjà essayé de faire dire quelque chose à des données sait que le vrai travail est invisible, pis pas mal moins glamour.

flowchart TD
    A[Promesse en réunion:<br/>tout est connecté, tout est mesuré] --> R[Réalité du terrain]
    R --> Q1{D'où vient<br/>la donnée?}
    R --> Q2{Est-elle<br/>propre?}
    R --> Q3{Ça veut dire<br/>quoi au juste?}
    R --> Q4{Qui répond<br/>du chiffre?}
    Q1 --> W[80% du travail<br/>est ici]
    Q2 --> W
    Q3 --> W
    Q4 --> W
    W --> C[Le chiffre devient<br/>fiable et utile]

C’est ça, la leçon que j’observe en 2013: les plateformes promettent souvent plus qu’elles peuvent livrer, parce qu’elles montrent le tableau de bord brillant pis cachent les semaines de nettoyage, de définition, de validation qu’il a fallu pour s’y rendre. Le volume de données impressionne. Mais le volume, c’est pas la valeur.

Le piège du chiffre mal compris

Ce qui m’inquiète le plus, c’est le faux sentiment de certitude. Un beau graphique a l’air vrai. Mais derrière, si personne sait d’où vient le chiffre, comment il est calculé, ce qu’il inclut ou exclut, on prend des décisions sur du sable.

Cette grille-là, je l’emprunte à ma propre discipline d’architecte. On accepte pas un comportement qu’on peut pas expliquer. La donnée devrait obéir à la même exigence: un chiffre sans définition claire, c’est pas une information, c’est une opinion déguisée en fait.

Pourquoi je garde l’œil dessus

Je suis pas en train de dire que la donnée pis les processus, c’est du vent. Au contraire: je sens que c’est un courant de fond sérieux, qui va transformer bien des entreprises dans les années qui viennent. C’est justement pour ça que je veux le comprendre tôt, sans me laisser hypnotiser par les promesses.

Comme veilleur, mon travail c’est de séparer le réel du marketing. La vraie avancée — pouvoir mieux comprendre ce qui se passe dans une organisation — est précieuse. L’emballage qui prétend que c’est automatique pis sans effort, lui, mérite ma méfiance.

Ce que je retiens

En avril 2013, je note que la donnée pis les processus prennent toute la place. Pis je note aussi que la maturité, dans ce domaine-là, se mesure pas à la beauté des tableaux de bord, mais à la rigueur qu’on met derrière chaque chiffre.

Le jour où ça va devenir mon terrain pour vrai, je veux arriver avec cette conviction: une plateforme de données vaut ce que vaut la discipline de ceux qui la nourrissent. Le reste, c’est de belles promesses. Pis les belles promesses, en informatique, on les croit toujours moins quand on a vu un peu de plomberie.