Bilan 2012 : l’année où le mobile a tout avalé
Décembre, c’est mon moment préféré pour m’asseoir pis regarder l’année dans le rétroviseur. Pas la liste des grosses annonces marketing — celle-là, tout le monde la fait. Moi, je veux savoir ce qui a vraiment marqué, ce qui a survécu au-delà de l’effet de nouveauté. En décembre 2012, mon année a été particulière: une bonne partie passée à Paris, en architecture de systèmes embarqués, pis une transition qui se profile. Voici la carte de ce qui m’a marqué.
Côté travail: la rigueur de l’embarqué
Mon année professionnelle, c’est l’embarqué. Du logiciel qui doit marcher dehors, sur des véhicules, dans des conditions où je peux pas juste rebrancher mon débogueur. Ça m’a appris une discipline que je vais garder longtemps: la redondance, la méfiance organisée envers les capteurs, l’obsession des logs qui parlent quand on est loin. Quand tu peux pas toucher la machine qui plante, tu apprends à prévoir au lieu de réagir.
C’est aussi l’année où je sens un chapitre se fermer. Paris a été une expérience qui m’a transformé, autant comme architecte que comme personne. Mais la suite m’appelle ailleurs.
Côté tendances: le balancier qui bouge
Trois affaires m’ont marqué comme observateur. Windows 8 pis la Surface: Microsoft qui essaie de réconcilier le tactile pis le bureau dans un seul geste — pari audacieux, résultat encore flou. NoSQL: le balancier qui s’éloigne du tout-relationnel, parfois avec raison, parfois trop fort. Pis le big data, ce mot qu’on colle partout, qui révèle surtout qu’on confond souvent le volume avec la valeur.
Pis dans le fond du décor, le deep learning qui commence à frémir hors des labos. C’est pas encore mon terrain, mais je note. C’est le genre de courant qui finit par déborder.
Côté passions: le plaisir intact
L’Impact qui entre en MLS, ça, ça m’a fait tripper. Mon sport, mon ballon, qui monte d’un cran. J’ai suivi ça de Paris avec un drôle de mélange de fierté pis de mal du pays. Côté jeux, le free-to-play m’a fasciné comme labo de comportement humain — génial pis un peu inquiétant. Pis l’aviation de ligne, vue d’un peu plus près en vivant entre deux continents, m’a confirmé que la vraie élégance d’ingénierie, c’est la redondance pis la culture de sécurité, pas le flash.
Ce que je retiens de 2012
Une année charnière. Professionnellement riche, géographiquement marquante, pis pleine de courants de fond qui vont prendre des années à se révéler complètement. Si je devais résumer: 2012, c’est l’année où j’ai compris que les vraies tendances se voient pas dans les annonces, mais dans ce qui résiste à l’usure du quotidien.
Je referme l’année avec gratitude pour Paris, curiosité pour ce qui s’en vient, pis cette conviction tranquille qui me suit chaque décembre: ce qui mérite d’être retenu, c’est jamais le plus bruyant. C’est le plus solide.