Bilan 2011 : au-delà de l’effet de nouveauté
Décembre, le temps des bilans. Pis 2011, vue de Paris, aura été une année dense — autant dans ma vie de tech que dans mes passions. Plutôt qu’une liste plate, je préfère étaler mon année comme une carte mentale: les grandes vagues qui ont vraiment compté, au-delà du tape-à-l’œil. Parce qu’avec un peu de recul, on voit lesquelles ont laissé une vraie marque pis lesquelles n’étaient que du bruit.
Côté travail, la vague la plus profonde, c’est la normalisation du cloud. En 2011, il a arrêté d’être un mot à la mode pour devenir une réalité d’exploitation — avec toute la plomberie que ça cache. En parallèle, le bureau a perdu le contrôle des appareils: la consumérisation a forcé un virage de la sécurité, de la machine vers l’identité. Pis dans l’ombre, j’ai vu monter tranquillement la télémétrie pis l’observabilité — cette idée qu’on ne peut pas exploiter ce qu’on ne peut pas voir, surtout sur des systèmes exigeants déployés loin.
Côté passions, mon année a été marquée par le privilège de vivre à Paris, au cœur de l’univers aéronautique. Le fly-by-wire pis l’obsession européenne pour l’avion de ligne m’ont nourri toute l’année — cette tension magnifique entre faire confiance à la machine pis garder le jugement humain. Pis comme gamer, les mondes ouverts m’ont donné des laboratoires de simulation géants où je me suis perdu avec bonheur, autant pour jouer que pour admirer le génie technique qui tourne dessous.
Il y a aussi ce qui me dérange, pis qui mérite sa place dans le bilan. Les applications de nos téléphones sont devenues un peu trop curieuses — un défilé de permissions qu’on accepte sans lire, un dossier qui se construit sur nous un clic à la fois. Pis « l’IA d’entreprise », que je regarde en observateur, reste à mes yeux davantage une promesse survendue qu’une réalité mûre. Nommer ces malaises fait partie d’un bilan honnête: tout n’est pas progrès net.
2011 aura aussi été l’année où le monde de la tech a perdu une de ses figures les plus marquantes. Sans tomber dans le pathos, c’est un de ces moments qui font sentir qu’une époque bascule. Pis cette bascule, on la voit partout: les tablettes se multiplient, le mobile devient le centre de gravité, pis nos vieux réflexes du bureau fixe ont l’air d’un autre siècle.
Ce que je retiens de 2011, c’est une année charnière, dense, à cheval entre le passionné émerveillé pis le praticien qui mûrit. Le cloud s’est ancré, la sécurité a changé d’axe, le mobile a gagné, pis moi j’ai vécu tout ça depuis Paris, entre les avions qui me font tripper pis les mondes ouverts où je me perds. Une bonne année — pis surtout, une année qui annonce que la prochaine ne ralentira pas pantoute.