Bilan 2009 : l’année où le nuage cesse d’être théorique

Décembre, c’est mon moment préféré pour m’asseoir pis regarder l’année dans le rétroviseur. Pis 2009, pour moi, c’est une année charnière à plus d’un titre. Côté techno, c’est l’année où le nuage a arrêté de sembler théorique pour devenir une vraie affaire. Côté personnel, c’est ma première année complète à travailler pour un service en ligne, en Floride, dans un autre pays pis une autre façon de bâtir des logiciels. Difficile de regarder l’année sans mélanger les deux.

Le grand fil de 2009, c’est cette idée que le nuage devient concret. On ne parle plus de ce que ça « pourrait » faire; on voit des entreprises qui louent de la capacité au lieu d’acheter des serveurs, des services qui roulent sans qu’on sache où sont les machines. Moi le premier, je le vis de l’intérieur. Ça change la nature du travail: on arrête de bichonner des boîtes pour penser en termes de capacité, de fiabilité, de confiance entre fournisseur pis client.

Le deuxième grand mouvement, c’est Windows 7. Après des années de méfiance post-Vista, Microsoft a livré un système qui ne cherche pas à épater mais à bien faire. Pis ça a marché: la confiance revient, doucement. Je trouve ça instructif — dans une industrie obsédée par la nouveauté, le grand succès de l’année, c’est presque un retour à la fiabilité. Parfois, le meilleur progrès, c’est de réparer ce qu’on avait cassé.

Le troisième, ce sont les téléphones qui deviennent des plateformes pour de vrai. Avec les magasins d’applications qui explosent, le téléphone n’est plus un appareil qui fait des appels avec quelques extras — c’est un petit ordinateur dans la poche, avec un écosystème complet autour. Je sens qu’on est au début de quelque chose de gros, même si je n’aurais pas la prétention de dire jusqu’où ça va aller. Le mouvement est lancé, pis il ne ralentit pas.

Côté geek, j’ai eu mes plaisirs: regarder les drones quitter le stade du jouet pour faire de vraies jobs, observer le jeu vidéo continuer d’être le plus grand labo d’interfaces au monde. Pis un malaise aussi, plus sourd: la prise de conscience que notre identité numérique devient une clé qui ouvre tout, pis que des gens travaillent fort à nous la voler. Le « creepy » de 2009, ce n’est pas la science-fiction; c’est le quotidien qui se met à demander plus de vigilance.

Ce que je retiens de l’année, c’est un thème: 2009, c’est l’année où les promesses commencent à livrer. Le nuage, le mobile, la confiance retrouvée envers une plateforme — partout, on passe du discours à la preuve. C’est moins spectaculaire que des annonces révolutionnaires, mais c’est pas mal plus solide. Pis personnellement, vivre cette transition de l’intérieur, dans un nouveau pays pis une nouvelle façon de travailler, ça donne à l’année une saveur particulière.

La suite, je la regarde avec curiosité pis un brin d’humilité: les choses qui commencent à livrer en 2009 vont continuer de mûrir, pis je n’ai aucune idée précise d’où ça mène. Mais c’est justement ce qui rend le métier excitant. Les technos qui ont vraiment marqué mon année, ce ne sont pas les plus tape-à-l’œil — ce sont celles qui ont enfin tenu parole. Pis ça, après des années de belles slides, c’est le plus beau cadeau qu’une année geek puisse offrir.