BlackBerry dans la poche, contraintes partout

Y’a un gestionnaire sur mon mandat qui s’est fait donner un BlackBerry, pis depuis, il répond à ses courriels dans l’ascenseur. La première fois que je l’ai vu faire, j’ai trouvé ça impressionnant. Le courriel qui te suit partout, dans ta poche. Comme dev, ça me fait réfléchir à ce que ça change, même si c’est pas moi qui bâtis l’affaire.

Parce que derrière le « wow », je vois surtout des contraintes. Pis des contraintes, c’est mon métier de les regarder.

Le push, pas le pull

Ce qui rend le BlackBerry différent, c’est qu’il attend pas que tu ailles chercher tes courriels. Ils arrivent tout seuls, poussés vers l’appareil. Ça a l’air d’un détail, mais ça change tout: faut une infrastructure qui surveille la boîte pis qui relaie en continu.

flowchart LR
    A[Serveur de courriel] --> B[Service de relais<br/>BlackBerry]
    B -->|push| C[Appareil dans la poche]
    C -->|accusé / réponse| B
    B --> A

Vu de même, le petit appareil est juste le bout visible d’une chaîne pas mal plus longue. Pis chaque maillon ajoute ses propres contraintes: sécurité du relais, fiabilité du réseau, batterie de l’appareil.

Les contraintes que personne montre dans la démo

  • La synchronisation: si l’appareil perd le signal dans le métro, qu’est-ce qui arrive aux courriels en attente? Faut que ça se replace tout seul au retour du réseau, sinon le monde perd confiance.
  • La sécurité: un appareil qui contient les courriels de la boîte, ça se perd dans un taxi. Là, c’est plus juste un gadget, c’est une fuite potentielle.
  • L’attention: le courriel qui te suit partout, ça veut dire que tu décroches jamais vraiment. Ça, c’est pas un problème technique, mais ça va devenir un vrai sujet.

Ce que j’en pense, du plancher

Je construis pas de logiciel mobile, pis honnêtement on est loin de ça sur mes mandats. Mais le BlackBerry me montre une direction: l’information va vouloir nous suivre hors du bureau. Pour l’instant, c’est réservé à quelques gestionnaires pis ça coûte cher. La vraie question, c’est pas si la techno est impressionnante — elle l’est. C’est si on est prêts à vivre avec ses contraintes. Pour le moment, j’ai des doutes, pis je pense que je suis pas tout seul.